Fonctionnement analgésique

1- Les nerfs nocicepteurs

Il existe de nombreux types de douleur, les voici sous forme de schéma : 

 Les douleurs qui nous intéressent sont les douleurs organiques nociceptives, c'est-à-dire qui ont pour origine une lésion tissulaire. Il doit donc exister des « récepteurs » sensible à la douleur qui créent le message nerveux lors d’une stimulation.

 En vérité, ces récepteurs sont appelés nocicepteurs.

D’après l’INRP, « ce sont des terminaisons libres (extrémités distales de l'axone), de neurones sensoriels primaires. ».

Il passe par 2 types de nocicepteurs :

  • Les fibres A, delta, qui transmettent le potentiel d'action rapidement (entre 4 et 30 mètres par seconde)
  • Les fibres C, conduisant l’influx moins rapidement (environ 2 mètres par seconde), sont responsables de douleur plus longues et plus fortes.

 C'est au niveau de ces deux types de neurones que la morphine va agir.

 

2- Morphine, analgésie et récepteurs opioïdes

Avant d’expliquer l’action analgésique de la morphine, il est nécessaire de mettre en évidence ce phénomène.

Chez deux individus en bonne santé, on injecte chez l’individu B de la morphine tandis que l’individu A nous sert de témoin. Après 5 minutes, on provoque chez chacun une douleur organique nociceptive, puis on mesure les différents potentiels d’action par seconde dans les différents neurones nociceptifs. Voici les résultats :

 

 

On constate que les différents potentiels d’action chez l’individu B dans les neurones nociceptifs Adelta et B sont entre 2 et 5 fois moins élevé que ceux de l’individu A dans les mêmes neurones.

On en déduit que la morphine possède bien une fonction analgésique.

On peut alors se demander d’où vient cette fonction. Pour se faire, on réitère l’expérience précédente, mais en injectant en plus du naloxone, une substance qui a la capacité de se fixer sur certains récepteurs synaptiques, appelés « récepteurs opioïdes ».

Voici les résultats obtenus : 

On observe que, avec naloxone, la morphine est inefficace, voir que le potentiel d’action est plus grand avec nalaxone que sans. Or le naloxone a la particularité de se fixer sur les récepteurs synaptiques dits « opioïdes », sans pour les activer, et ainsi d’empêcher tout autre molécule de l’activer.

On en déduit donc que la morphine agit en se fixant à ces récepteurs opioïdes.

 

3- Morphine et enképhaline

La morphine étant une molécule étrangère à l’organisme humain, la présence de récepteurs opioïdes met en évidence l’existence d’une autre molécule à laquelle ces récepteurs sont complémentaires. Du fait de l’effet analgésique de la morphine, on peut dire que cette molécule réduit la douleur.

Cette molécule est l’enképhaline, aussi appelée endorphine.

Voici un schéma représentant les molécules de morphine et d’enképhaline chacune fixée à un récepteur opioïde :

 

 

On constate que si ces molécules se fixent toutes les deux aux récepteurs opioïdes, c’est parce qu’elles possèdent une forme similaire au niveau de la partie se fixant à ces récepteurs. On en déduit donc que la morphine possède les mêmes effets que l’enképhaline sur l’organisme.

Or les enképhalines sont des molécules endogènes libérées par les neurones dans le but de moduler le potentiel d’action que produit une douleur. En d’autres termes, c’est une molécule qui diminue la sensation de douleur.

On a donc montré la provenance de la fonction analgésique de la morphine.

 

 

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