Problème de l'accoutumance

Les opiacées possèdent une force d’addiction exceptionnelle. Pour l’héroïne comme pour la morphine, le mode d’action de ces drogues est identique. Contrairement aux enképhalines, la morphine et l’héroïne ne sont pas dégradés rapidement. La morphine prise de façon répétée, engendre tolérance, dépendance physiologique, dépendance psychique (manque). Cette dernière est à l’ origine de son pouvoir toxicomanogène.

 

A- La dopamine et le circuit de la récompense

Le circuit de la récompense est comme son nom l’indique le circuit véhiculant l’idée d’un plaisir associé à une action. C’est ce circuit qui est sollicité lors de l’apprentissage. Il implique par exemple l’association de la satisfaction des parents lorsque l’enfant réussit l’action ce qu’on lui a demandé de faire. La molécule associée à ce circuit est la dopamine. Elle est responsable de la sensation de bien-être, de plaisir.

Zone de contact ou synapse entre le neurone qui produit la dopamine (neurone-émetteur) et le neurone cible. La dopamine est libérée dans le fin espace entre les deux neurones (fente synaptique). Elle agit en se fixant sur des récepteurs portés par le neurone cible. La dopamine est ensuite recaptée par le neurone émetteur et détruite par une enzyme, la monoamine oxydase.

La dopamine est à la base du problème de dépendance : comme la morphine va provoquer une sensation de plaisir chez son utilisateur, et il va associer morphine et bien être.

En effet, la prise de morphine stimule la production de dopamine, substance qui provoque le plaisir chez tout être humain. Cette stimulation vient du fait que les neurones sécréteurs de dopamine sont en permanence inhibés par un neurotransmetteur, appelé GABA (Gamma – aminobutyrique Acid ).

La morphine ayant un rôle d'inhibition sur ces neurônes sécréteurs, la concentration de GABA dans le cerveau diminue fortement. Ainsi l'inhibition est diminuée, et donc la sécrétion de dopamine augmente, ce qui entraîne un sentiment de bien-être chez le consommateur.

De plus, la morphine entraîne une diminution de la concentration d'AMP cyclique, qui est un messager secondaire modulant l'excitation des neurones, en particulier les neurones à GABA, ce qui entraîne le même effet d'augmentation de la production de dopamine.

La morphine a le même rôle que les enképhalines, nous l’avons vu, mais se dégrade moins rapidement et a un effet plus important.
Ainsi, l’inhibition des neurones à GABA sera plus importante avec de la morphine qu’avec des enképhalines.

 

B-Tolérance, et accoutumance

Tolérance à une drogue : nécessité pour obtenir le même effet, les sensations désirées, quel qu’il soit d’augmenter continuellement les doses prises (Souvent la sensation de plaisir avec le circuit de la récompense).

Accoutumance : L’organisme tolère de mieux en mieux la drogue et y répond de moins en moins fortement. Cela entraine une augmentation de la fréquence des prises et une augmentation des doses pour obtenir le même effet.

En effet, le corps s'habitue à un certain moment à la morphine, et celle-ci a donc de moins en moins d'effet. C’est pourquoi le toxicomane est dans l'obligation de prendre des doses de plus en plus importantes. Plus les doses sont importantes, plus le corps s'habitue, plus les doses devront être importantes dans l'avenir pour avoir les effets désirés: c'est un cercle vicieux.

 

C- Dépendance ou l’addiction et sensation de manque(sevrage)

Dès la première consommation d’héroïne ou de morphine (à fortes doses répétées pour celle-ci), une dépendance se crée, En effet, le consommateur est alors soumit à une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire. Le mécanisme de dépendance néfaste évoqué, la sensation de manque ou l’accoutumance aux produits ingérés facilite cette addiction imposée au consommateur.

On parle de dépendance lorsqu’un individu ne peut plus se passer d’une certaine substance, ici la morphine.
La dépendance à la morphine est étroitement liée à la libération de dopamine, plus ou moins importante.

On peut distinguer également 2 types de dépendance :

  • La dépendance physiologique résulte de l’apparition, après arrêt de la prise de la drogue, d’un syndrome d’abstinence physiologique caractérisé par de nombreux symptômes (comme par exemple des troubles comportementaux : anxiétés, insomnies, mais aussi diarrhée, tremblements, agitation …)
     
  • La dépendance psychologique est caractérisée par l’état de manque c'est-à-dire, un besoin irrépressible de reprendre de la drogue, qui est une souffrance psychologique très difficile à supporter.

La dépendance se caractérise en effet par la sensation de manque. Celle-ci est engendrée par une hyperactivité cérébrale. En effet, la diminution d’AMP cyclique, entrainée par les opiacés, est compensée à long terme par d’autre mécanisme. Ainsi l’arrêt de la consommation entraine une surproduction, elle-même à l’origine d’une surexcitation des neurones. Le cerveau est donc en état de manque.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site