Evolution dans l'utilisation de la morphine

1- La peur des effets négatifs

La morphine fut selon Mme Barnichon très peu utilisée auparavant du fait de ces effets négatifs. En effet, celle-ci était utilisée uniquement pour des patients en fin de vie (majoritairement pour des cancers) et lors d'opérations postopératoires.

La morphine n'était alors que très rarement utilisée pour soigner des douleurs chroniques. Cette réticence majoritairement contractée en France est due aux nombreux effets secondaires que possèdent la morphine, ainsi qu'à une peur des complications directes qu'elle peut entraîner (complications respiratoires, coma) même si cette peur était plus importante chez les infirmières.

De plus, il existait une peur de rendre le patient dépendant de cette substance car elle entraîne à la fois une dépendance psychique (hallucination,plaisir …) mais également physique (dose qui augmente pour les mêmes effets).

En outre, la peur du surdosage aigue ainsi que le fait qu'il ne pouvait y avoir assez d'infirmières pour surveiller chaque patient ont poussé le corps médical à restreindre les doses injectées voire à ne pas prescrire de morphine. Tandis qu'à présent, la morphine s'est énormément répandue tant dans le milieu hospitalier que chez un patient recevant son traitement chez lui, principalement grâce aux différentes découvertes scientifiques.

 

2- Evolution de la réglementation

Mme Barnichon a d'autre part également constaté de nombreux changements au niveau des réglementations et de l'utilisation de la morphine.

En effet, auparavant, les autorités relevaient le nombre d'emballages vides de morphine et les comparaient au nombre de doses prescrites. De plus, il existait un carnet spécial (carnet à souche) rempli par les médecins pour des patients utilisant de la morphine, de manière à suivre avec rigueur les consomations des différents patients.

Aujourd'hui, le contrôle des patients est bien moins grand, même si encore exercé : une ordonnance sécurisée (non falsifiable) est délivrée aux patients qui doivent s'en procurer. Quelques règles qui ne sont plus obligatoires restent cependant en pratique chez certans médecins, mais ce n'est que par habitude, comme le compte des ampoules à morphine chaque matin et chaque soir pour vérifier s'il n'y a pas eu de vol.

Ampoule de morphine

 

3- Nouvelle mentalité et nouveau rôle du médecin

Mme Barnichon a également observé un changement d'état d'esprit vis à vis du patient dans les hôpitaux, ce qui a également favorisé l'utilisation de la morphine : auparavant, le corps médical ne se souciait pas vraiment de la douleur du patient. Par exemple, il était normal de souffrir pour un patient venant de se faire opérer.

Toute la réflexion actuelle sur l'intensité de la douleur qu'avait le patient n'existait pas. Cependant, petit à petit, la mentalité a changé (prise en considération de la douleur du patient) ainsi que le rôle du médecin qui doit maintenant soulager le patient en priorité.

Cette évolution ne vient pas que du corps médical, elle vient surtout de la pression des patients sur les médecins et le milieu hospitalier avec notamment la charte du patient qui marquera le début des droits du patients. En effet, dans l'article II, il est clairement écrit : "Tout établissement doit se doter des moyens propres à organiser la prise en charge de la douleur des personnes qu’il accueille". C'est donc cette nouvelle mentalité qui va entrainer l'utilisation plus fréquente de la morphine avec de nouvelles méthodes d'évaluation de la douleur (heteroévaluation ou autoévaluation avec une réglette, grille de prise en charge de la douleur etc...).

 

Image d'une reglette utilisée dans le milieu hospitalier pour évaluer la douleur d'un patient.

 

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